samedi 2 mars 2013

Visite du musée et présentation des archives de la Préfecture de Police de Paris

C'est grâce à la Revue Française de Généalogie que j'ai eu la possibilité de visiter, mardi dernier (26 février 2013) le musée de la Préfecture de Police de Paris, et je l'en remercie vivement.
Je remercie également le conservateur des archives de la préfecture de police, Nicolas Buat, de nous avoir consacrer du temps pour nous présenter les archives détenues par la préfecture.

Cette visite fût fort intéressante.
Avant ce rendez-vous, je n'avais pas eu connaissance d'un tel musée et encore moins de l'existence d'un service consacré à la conservation des archives, à savoir le Service de la Mémoire et des Affaires Culturelles de la Préfecture de Police.

Le musée et les archives coexistent avec le commissariat du Vème arrondissement dans un bâtiment situé rue de la Montagne Sainte Geneviève.

Les archives sont entreposées dans un dépôt en dessous du bâtiment mais également dans un bâtiment de la police situé vers Opéra et dénommé "Vigie Opéra".

La visite du musée a été riche en découvertes et en documents présentés.

Je ne ferai ici qu'une présentation de certains d'entre eux ou de certaines anecdotes.

La visite a commencé par la présentation de 2 registres d'écrou:
- celui de Jean Chatel candidat malheureux au régicide,
- et celui de Ravaillac, assassin du roi Henri IV.

La guide de la visite nous a précisé en quoi consistait la punition du régicide ; celle-ci était collective pour les raisons suivantes:
Le coupable doit faire amende honorable devant la cathédrale de Paris.
Survient alors une punition économique pour la famille avec l'expulsion puis la maison est rasée avec interdiction de reconstruire sur le même terrain.
La famille est condamnée a l'exil, condamnée du royaume avec interdiction d'exercer des fonctions civiles et religieuses sur 5 générations.
Le condamné subit une torture physique avec écartèlement en final (un des divertissements du dimanche).
"Heureusement", si la famille a la possibilité, celle-ci peut payer le bourreau pour abréger la souffrance du condamné.

- En 1667, création de la lieutenance de police avec Gabriel de la Reynie

- Anecdotes sur la dizaine de cours de miracle existantes au cours du XVII et XVIII ème siècle.
La plus connue fût celle du quartier du Sentier (croisement rue de Réaumur) où séjournaient notamment des gardes démobilisés.
La dénomination de cour des miracles vient du fait que les handicapés qui mendiaient à travers la ville redevenaient en forme dès qu'il franchissaient une des cour des miracles.

- Pour améliorer la sécurité de la capitale du royaume, la décision fût prise d'interdire notamment le vagabondage, la sortie des grains du royaume, la fausse monnaie. La sanction était pour les contrevenants d'être bouilli vif.

- La plupart des crimes sous l'Ancien Régime était soumis a pendaison. L'exception était la décapitation a l'épée (ou décollation) pour les nobles.
Malgré tout, si un noble se retrouvait condamné pour vol, alors il se voyait appliquer la même sanction qu'un roturier, à savoir, la pendaison.

- Au XVIII ème siècle, le lieutenant général de police eu l'idée de créer un éclairage mais également de prévoir des plaques de rue et une numérotation des immeubles.

- Ci-dessous illustration d'une lettre de cachet du Roi, pouvoir discrétionnaire d'éloigner, d'emprisonner un sujet du royaume.

- Les ancêtres des pompiers étaient appelés les garde-pompes.

- Rappel historique: excepté durant la période révolutionnaire, il n'y a pas eu de maires a Paris avant 1977 ; ce qui peut expliquer le particularisme de la ville de Paris et la perpétuelle méfiance du pouvoir royal mais aussi républicain envers la capitale et ses habitants.

- Le musée contient une réplique d'une guillotine échelle 1/3:

- Période du consulat :
est admis que Paris doit avoir un encadrement à part. Le consulat (font fait parti Bonaparte) attribue et calque les pouvoirs de l'ancien lieutenant général de police au préfet de police de Paris.

- La fin du XVIII et le XIXème siècle ne sont pas en reste avec les affaires criminelles:
  • Affaire Cadoudale
  • Affaire Fieschi...
- La visite se poursuit avec une gravure représentant une morgue.
Une morgue existait, a côté de Notre Dame de Paris. Celle-ci constituait alors une des attractions dominicales.
 
Le mot "morgue" viendrait du verbe "morguer", action que devaient effectuer les gardes de paix (gardiens de police) afin d'identifier les habitants et les probables contrevenants et criminels.
Les parisiens du XVIIIème passaient leur dimanche après-midi à venir constater les nouveaux corps découverts dans les ruelles de Paris ou extraits de la Seine qui étaient exposés à la vue de tous. Les parisiens avaient alors pour loisir de les identifier. De là, est venue l'expression de morgue.
- Alphonse Bertillon, inventeur de l'anthropométrie judiciaire, avec notamment la photographie des scènes de crimes :

- Le musée revient sur les grandes affaires criminelles de la fin du XIX et du XXème siècle, comme les affaires "Casque d'Or", Landru, Petiot...

- Présentation des archives par le Conservateur:

La Préfecture de police conserve ses archives définitivement.
Le département à été créé en 1974.
Comme pour l'état civil de la capitale, une partie des archives policières a brûlé avant 1871
Les archives datant d'avant la révolution contiennent des registres d'écrou , des lettres de cachet...

Lettre de cachet:

Outre ces archives, le département possède également et surtout :
  • des archives des cabinets de préfecture (surveillance politique),
  • Série C : registres d'internement,
  • Archives du dépôt avant emprisonnement,
  • Comptabilité du camp d'internement de Drancy : archives spéciales,
  • Archives des brigades spéciales (sur résistants, gaullistes),
  • Indexation des étrangers pendant l'entre deux guerres (fiches bientôt disponibles avec lecteur)
  • Série J (police judiciaire),
  • Dossiers de carrière des commissaires de police accompagnés des fiches de carrière des personnels de police après guerre,
  • Série L Registre de la morgue, Institut Médico Légal,
  • Série Y (iconographique) : photothèque et cartes postales,
  • Registres des mains courantes du 19ème détruites en 1945.
Merci de m'indiquer toute source d'erreur et / ou précision pour compléter
NB: les photographies insérées dans cet article appartiennent au Musée de la Préfecture de Police. Le conservateur m'a autorisé à en diffuser quelques unes pour agrémenter mon article.